Localisation

L’accès à la mine d’Espérance se fait par voie fluviale, via le fleuve Maroni qui borde la frontière avec le Surinam. Une piste d’aviation de près de 1000m permet un accès facilité au site.

L’exploitation est de type mine à ciel ouvert (MCO). Elle s’effectue à l’aide de pelles mécaniques Hyundai 450 (4 unités) et le transport du minerai par des tombereaux articulés Terex TA35 (4 unités). La société n’exploite que les matériaux saprolitiques tendres qui ne nécessitent pas d’abattage à l’explosif.

Le traitement du minerai se fait par deux étapes : concassage puis broyage dans deux broyeurs à boulets en circuit fermé. La récupération est assurée par des concentrateurs centrifuges de type Knelson KC 48. Une unité de flottation est en cours de montage afin d’augmenter la récupération de l’or.


esperance cme

Historique

Le secteur de la crique Espérance est connu depuis 1890 pour sa richesse en or. Différents travaux y ont étés entrepris par les anciens orpailleurs qui ont laissé sur place des traces de leur passage : tunnels, chemin de fer, machine à vapeur…

Lors de l’inventaire des ressources minérales de Guyane, le BRGM effectuera des travaux significatifs couvrant les travaux des anciens. Les résultats sont surprenants, il en ressort une anomalie géochimique de plus de 2 km de long pour 500 m de large. Les trois forages carottés réalisés dans la foulée montrent une minéralisation enracinée en saprolite et en roche dure jusqu’à au moins 150 m de profondeur.

Le gisement ressort alors comme une priorité N°1 de l’inventaire.

A la fin des années 1980 Gérard Ostorero découvre ce projet avec intérêt et réunit rapidement les moyens nécessaires à sa mise en exploitation. Il fonde la Compagnie Minière Espérance en 1991, après avoir obtenu un permis de recherche à titre personnel.

L’exploitation démarre par la ressource alluvionnaire, qui, abondante, permet de financer le développement de la mine primaire Espérance.

En 2013, la mine Espérance donne son nom à une roche trouvée sur la planète Mars par le rover Opportunity; cette roche est une preuve que la planète Mars a bien été riche en eau et propice à la vie par le passé. La roche est baptisée Espérance du fait de la présence au sein de la mission d'un membre ayant effectué des recherches sur le site de la mine Espérance, mais aussi car cette trouvaille donne l'espoir d'une possible forme de vie sur Mars.

Contexte géologique

Le gisement d’Espérance est situé dans la partie ouest de la ceinture de roches vertes (greenstone belt) au nord de la Guyane. Elle appartient à un plus vaste ensemble, appelé Bouclier des Guyanes autrefois connecté au Bouclier Ouest Africain.

A Espérance, la minéralisation s’est mise en place au contact tectonique entre le bassin sédimentaire du Maroni et un ensemble de massifs granitiques. Le bassin est constitué par de séries détritiques, reposant en discordance sur un socle volcano-sédimentaire (série dite « Paramaca »). La zone concernée est fortement déformée par les mouvements de cisaillement qui se sont développés au contact des granites.

L’or est porté par un réseau filonien quartzeux présentant une géométrie de stockwerk et encaissé dans les séries détritiques. Ces dernières sont constituées principalement de grès à lamines et de grès conglomératiques. L’or se présente soit en association avec de la pyrite, soit libre ou en inclusion dans le quartz. La minéralisation est très pauvre en autres éléments habituellement accompagnateurs de l’or : argent, arsenic…

Photo historique

 

Vestige (mine d'Espérance)


esperance  coupe

Le PER Nouvelle Espérance

La CME détient depuis 2010 un permis exclusif de recherches (PER) dit « Nouvelle Espérance ». Il couvre une surface de 175 km² autour du gisement principal et vise à mettre en évidence la présence de minéralisations satellites dans un contexte géologique similaire. En particulier, il englobe plusieurs prospects du BRGM contenant des anomalies géochimiques significatives, ainsi que de nombreuses criques exploitées pour l’or alluvionnaire.